Nos désirs sont ironiques, surtout pour qui s’épuise à vouloir 1000 vies et 1000 autres pour les raconter. N’est-il pas présomptueux d’espérer à mesure qu’on vit de pouvoir observer, analyser, conclure, prescrire, et appliquer ? Fatiguée des bonnes résolutions, je nous souhaite des belles révolutions - et toujours beaucoup de questions.
Au lieu de nommer ces chroniques où j’utilise méthodiquement ma vie pour décortiquer les nôtres Obsessions, peut-être devrais-je les appeler Rituels, tant tous mes mots reviennent toujours à ceux-ci. La présente lettre ne fera pas défaut à cette constance.
On admet communément les années comme comprenant deux pauses collectives où le monde enfin s’arrête.
Il y a celle qui gardera toujours le goût des parenthèses enfantines, l’été, l’heure de se renouveler - à l’école, on se demandait chaque rentrée qui on allait incarner tant semblaient nous faire grandir ces étés qui réinventaient. Il y a celle, quelques mois après (qui semblent si longs) du repli, des bilans, des conclusions, des résolutions - l’hiver, quelque part entre Noël et la Saint-Sylvestre, au milieu de visages qu’on ne voit qu’une fois par an, retrouvailles comme point obligatoire, convives autour de table comme miroirs que l’on se tend.
Distordu dans le cocon familial qui comble autant qu’il questionne, le temps ici suspend son vol réunit et nous laisse à son lot d’interrogations : quels gages de réussite puis-je déposer pour l’assemblée, quelque part entre les apéritifs hors d’oeuvres entrées plats salade fromages desserts ? Qui apportera à table la satisfaction la plus savoureuse, la plus indigeste révélation ? Qui aura le mieux réussi son dessert et son année ?
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